Penser la biodiversité comme de la nature est toxique!

Je viens d’entendre un scientifique à la radio expliquer l’anthropocène (émission les nouvelles vagues, 31 10 2016, écouter à partir de 21'45"). Pour lui, l'anthropocène est l’histoire humaine se nouant à l’histoire terrestre. Il faut comprendre ici histoire humaine au sens géologique du terme : L’homme arrive à écrire directement sur la Terre, modifiant ainsi l'histoire de cette dernière. Personnellement, ce que raconte ce scientifique m’angoisse énormément. Pas le fait que l’homme écrive sur la Terre, je trouve cela plutôt logique, mais le fait qu’il n’y ai sur Terre, pour un scientifique que deux histoires : Celle de la Terre et la nôtre. Le vivant, lui, n’a pas, d’histoire. Nous sommes seuls avec la Terre. Quelle angoisse! Ce scientifique enfonce le clou un peu plus loin. Je cite : “L’essentiel des paramètres qui jouent sur l’histoire de la Terre, c’est, par exemple, les variations de l’activité du soleil, c’est l’orbite terrestre, c’est les phénomènes profonds de tectoniques des plaques et de volcanismes.” Il ne cite pas un seul paramètre biotique ayant influencé l’histoire de la Terre! Le vivant passe sur Terre depuis des milliards d’années sans faire aucune histoire. Écoutons la suite de l’émission. Ce scientifique explique que "même le volcanisme, paramètre a priori naturel", est désormais influencé, par les activités humaines. En effet, "si la glace des pôles fond, la pression qui s’exercera sur la croûte terrestre changera et le volcanisme s’en trouvera altéré”. Il ne voit donc pas les pierres calcaires, 100% biotiques, qui exercent comme la glace une quelconque pression sur le volcanisme. Pourtant la pierre calcaire, c'est bien plus lourd que la glace! Pourquoi ne voit-t-il pas cela?

Mon hypothèse : Ce n'est pas qu'il ne voit pas que la pierre est biotique, c'est que dans la représentation du monde que ce scientifique s'est créé, cela ne se pense même pas. A priori, ces montagnes calcaires sont pour lui naturelles et non biotiques. Le tour de passe-passe intellectuel qui fait que l'histoire écrite par le vivant disparait dès même qu'elle s'écrit est le suivant : Il est de penser que le vivant..., c'est naturel! (je vais tout de même demander par mail confirmation de mon hypothèse à ce chercheur). Ce scientifique serait ainsi doté lui aussi du bi-standard classique de notre époque : si c’est l’homme qui agit, c’est de l’histoire mais si c’est le vivant non humain, c’est naturel. Le fait que le vivant ne sache ni parler ni écrire l’empêche d’avoir une histoire et cela, même quand cette histoire s’écrit sans mot. Ceci est effrayant : Il existe un plafond de verre gigantesque pour le vivant non humain au sein même des labos scientifiques.

Il est urgent je pense de changer ces a priori. Il faut qu'on saisisse que le propre d’une civilisation c'est la vie et non pas les mots.

C'est biodiversité contre environnement!