1 question à... Monsieur le Président du Muséum National d’Histoire Naturelle

J’ai une question… Le combat écologique de l’homme est-il un combat pour la biodiversité ou bien un combat de la biodiversité? Pour moi, il est clairement celui de la biodiversité. Il l’est par nature et il l’a toujours été, depuis qu'il y a biodiversité sur Terre. C'est que personnellement, je vois clairement la biodiversité lutter contre l’environnement et je me demande donc si vous pourriez vérifier. Non pas pour ma gouverne mais plutôt pour celle du combat écologique à mener. Je m’explique… Un combat pour la biodiversité voudrait dire que l’homme et la biodiversité sont de nature différente. L’un serait au service de l’autre ou l’autre au service de l’un. Cela ne colle pas avec ce que je crois savoir : On est tous - littéralement - une même famille. De son côté, un combat de la biodiversité, lui, nous dit que ce qui est anti-nature, ce qui lutte contre la nature, n’est pas l’homme mais le vivant entier. Ça colle mieux avec ce que je présuppose être ma nature et donc celle du vivant : Nous sommes un ensemble. Cela me rappelle qu'être le centre du problème écologique actuel ne fait toujours pas de l'homme le centre de la solution. Bon, ma question n’est pas juste un jeu de mots, vous l’avez compris. Elle interroge l’idée de nature et d’environnement (je suppose que le vivant n’en fait pas partie), celle de civilisation (je suppose cette fois que le vivant en fait partie), et la vision de notre contexte.


Ma question pourrait s'entendre aussi comme cela:

  • Ne serait-il pas plus sensé, pour notre gouverne, de discerner le monde vivant et l’environnement inerte et de vulgariser leur affrontement plutôt que de continuer à flouter les lignes et d'appeler à protéger l’environnement?

  • Y a-t-il un monde autour de nous comme l’opinion générale le donne à penser ou existe-t-il deux mondes, deux natures s’interférant dans leur développement?

  • Pourquoi les sciences vivantes ne concluent-elles pas que c'est la vie le propre de notre civilisation et non le langage humain; en tout cas, pour moi, non scientifique, la biodiversité ressemble vraiment furieusement à, justement, une civilisation se déployant sur Terre?


Saviez-vous aussi que la ville de Paris a offert en septembre dernier la dignité de citoyen d’honneur à la biodiversité, reconnaissant ainsi le vivant partie inhérente à la civilisation? Je me demande maintenant si les sciences du vivant pourraient, elles aussi, faire écho à cet effort. Monsieur le Président du Muséum, s’il vous est possible, donnez-moi votre avis sur ce sujet : La Terre, c'est notre combat ou celui de la biodiversité? Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de ma haute considération. Michel MARUCA