1 question à... une philosophe spécialiste de la conservation

Je cherche à comprendre...


Pourquoi pense-t-on par principe conservation et non développement de la biodiversité?


Je ne crois pas à l’idée de nature, d'environnement ou d’écosystème. Et cela parce que je ne crois pas possible de penser d'une seule pensée le vivant et l’inerte. Ces deux matières m'apparaissent avoir leur propre particularité, leur propre nature. Je ne vois pas de quelle nature peut être donc fait un ensemble hypothétique des deux, que ce soit l’écosystème ou la Terre ou ce que beaucoup appelle la nature en général. L'écosystème qu'il soit forestier, marin, désertique ou urbain est-il vivant ou inerte? Vraiment, je ne vois pas. Je pense donc simplement qu’il n'y a pas une unité autour de nous mais deux natures et donc deux univers interférents. Là où certains voient des écosystèmes, moi je vois simplement des êtres vivants luttant pour se développer au dépens de l'inerte. Chaque univers voit sa matière enfermée par sa nature et cette nature la diriger vers un futur forcément divergeant de la matière de l'autre univers. L'univers du Big Bang se déroule selon un sens, la vie selon un autre. D'ailleurs, être “unis vers” n’est-il pas la définition d’univers? Ce n’est pas un jeu de mots ou un surplus d’imagination. Le langage est bien sûr ici performatif : Donner à penser qu'il y a un ou deux touts ne reste pas un choix innocent. Cela développe des sociétés différentes. Notre langage a un impact énorme sur notre environnement. Et donc si un monde est une représentation cohérente d’un tout alors il y a forcément, il me semble, deux mondes autour de nous. Deux natures, deux mondes, deux univers. Pas d'unité entre vivant et inerte. Je cherche donc à comprendre pourquoi nos institutions, l'église peut-être avec un Dieu originel mais la science aussi, nous donne à penser un monde autour de nous si il y existe deux natures des choses?

Quelle serait cette nature du vivant que l'homme à un monde n'admet pas? Ne serait-ce pas la culture? Il me semble que les êtres vivants, par nature, se cultivent, eux-mêmes et les uns les autres. Soyons sans arbitraire. Il n'y a pas que l'homme qui sélectionne, cultive ou se cultive. La culture est juste la simple nature du vivant, peut-être même sa différence avec l'inerte. Une matière se cultive, l'autre non. Une matière subit les lois de l'univers aveuglement, l'autre les détourne à son profit.


Un humain cultivant le vivant




Une abeille faisant de même

Ainsi, notre développement me semble ne pas être notre propre et exact développement mais celui inhérent à la biodiversité. Il n'y a pas, n'est-ce pas, notre développement d'un côté et le maintien de la biodiversité de l'autre? Notre développement est bien naturellement celui de la biodiversité? Cela semble aussi assez logique pour peu que l’on pense que l’homme est de la biodiversité.


Je n'ai pas expliqué ma vision des choses pour chercher à vous en convaincre. J’ai bien-sûr lu certains de vos livres et de vos articles. Votre vision me semble différente. Vous arrivez, je crois, à voir la nature, et votre principe, si je ne me trompe pas, est plutôt celui de la conservation du vivant. Cela m'interroge. Pourquoi l’écologie scientifique pense par principe maintien de la biodiversité et non pas développement?


Je cherche à comprendre,


Respectueusement vôtre