Une question au... Ministre de l'agriculture et de l'alimentation

Est-ce la biodiversité qui fait l’eau ou l’eau qui fait la biodiversité? Cher Monsieur le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Vous avez présenté, le 9 Août 2017, avec Mr Hulot, le ministre d’état de la transition écologique et solidaire, les actions pour une meilleure gestion de la ressource en eau en période de sécheresse. Je n’y vois aucun point s’articulant autour de la biodiversité, que ce soit dans les actions immédiates ou celles à plus long terme.


Nicolas Hulot et Stéphane Travert veulent "résorber durablement" la sécheresse...

Moi qui pense que la crise de la biodiversité est la cause de la crise climatique, je me demande comment une telle absence peut être possible. Est-ce parce que, vous aussi, peut-être, vous auriez pensé, en élaborant vos actions, la biodiversité comme un problème secondaire, subséquent de la sécheresse? Peut-être croyez-vous que c'est l'eau qui fait la biodiversité? Je pense l'inverse. Je vous pose donc la question. Sachez que si jamais l’un penserait la biodiversité dépendante de l’eau, que par exemple pour preuve, la biodiversité mourrait s'il lui retirait l’accès à cette ressource, cela prouverait seulement que ce penseur est un tueur de biodiversité en puissance. Cette expérience, qu’elle soit de pensée ou en acte, ne prouve rien entre biodiversité et eau, surtout pas qui produit l’autre. Elle renseigne seulement sur celui qui la pense. Il existe deux modèles de pensée en discussion ici : L'un pense que la biodiversité est nature et l'autre pense qu’elle est culture. Et, ne faisons pas de relativisme intellectuel, ces deux modèles de pensée sont comme le géocentrisme et l’héliocentrisme, incompatibles l’un avec l’autre. Et pour le coup, comprenons bien que la sécheresse actuelle est de même nature que cette expérience de pensée : elle implique la responsabilité humaine et prouve que la pensée qui l'a enfantée pose question. Cette sécheresse est l’erreur de ces hommes qui pensent l’eau telle une ressource naturelle et non telle la culture du vivant. En réponse à cette erreur, ne répétons donc pas... cette même erreur. Aujourd'hui, il ne faudrait plus penser cette sécheresse comme un manque d’eau mais la voir et la donner à penser comme un manque de biodiversité. Une sagesse populaire dont Wangari Maathai, premier écologiste prix Nobel de la paix, s'est faite la porte-parole rappelle que "c’est l’arbre qui fait la rivière." Il faut s'appuyer sur cette réalité et remettre la biodiversité au contact de l’eau, des rivières, de la pluie, des nuages. Il faut la développer au niveau global mais aussi localement dans nos sols, sur nos sols, dans l’eau ou sur l’eau. Il faut remettre de la biodiversité en déplacement entre les milieux, etc. On sait même aujourd'hui que les arbres distribuent l'eau entre eux par les racines ou qu'ils créent leur propre pluie. Il faut développer cette irrigation-là, ultra-performante, avant d'insister sur de nouvelles innovations. Il faut juste passer du simple développement humain au développement de la biodiversité pour repousser la sécheresse.


Contre les sécheresses, les ministères de l'agriculture et de la transition écologique donnent à penser l'innovation et non l'invitation de la biodiversité...

Voilà donc ce que je pense. Mais dites-moi donc, s’il vous plaît, sur quelle base vous avez pensé vos actions concernant cette sécheresse, Cela me laisse perplexe: Pensez-vous la biodiversité qui fait l’eau ou l’eau qui fait la biodiversité?




Respectueusement,